Ces 2
avenants (1 et 3) sont liés car les dispositions futures de
l’avenant 1
dépendent
de l’extension de l’avenant 3.
Un article de
@Solognot
L’avenant 1
et tout les annexes. Concerne les
salaires. Il a été signé le 21 décembre 2007
et engage dès sa date
de mise en application (1er janvier 2008) l’ensemble des entreprises
affiliées aux signataires (CNSA, FNAA, FNAP et FNTS), soit la
majorité des entreprises de transport sanitaire.
Les autres entreprises peuvent dès à présent l’appliquer, mais ne le
seront obligées qu’à la parution de l’arrêté d’extension.
La demande d’extension a été envoyée et suit la procédure accélérée
prévue à l’article L133-10 du code du travail.
L’avenant 3
Concerne l’accord cadre. Il a été signé le 16 janvier
2008. Il possède la particularité d’avoir un article (article
13) qui donne comme point de départ de sa mise en application, sa
date d’extension, ce qui fait qu’il sera applicable à tous en même
temps. Son extension est parue au JO
le 11 janvier 2009
|
Je vous livre mes réflexions concernant l’avenant 3, Voici point par point ce qui à mon avis
ne va pas >>>
- Le samedi devient un jour ouvré
ordinaire sauf s’il est programmé. Je suis dans une boîte ou tous les
samedis nous avons une journée bien remplie (dialyses, sorties, etc…)... Que devient la majoration appliqué aux
transports de ce jour la ? Le salarié n’en verra toujours pas la
couleur.
Et puis il sera facile pour un patron de
ne pas programmer le service (en dehors des gardes) et de dire que les
courses sont tombées en dernière minute et de faire pression sur les
salariés récalcitrants avec la menace du licenciement pour faute (refus
de travail).
- Pourquoi garder un coefficient de 75%
pour les nuits ? Pourquoi lui adjoindre un système alambiqué de
récupération ? ... Comment expliquer que le coefficient
(jour) augmente progressivement pour passer à 90% en 4 ans ?
Je rappelle que le coefficient a été mis
en place pour compenser les temps d’inaction (notamment ceux induits par
les permanences puisqu’il est basé sur le nombre de permanences).
Soit les conditions sont d’ores et déjà
réunies pour les 90% et alors il faut dès à présent l’appliquer, soit
elles ne le sont pas.
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Dernière
remarque de
@Solognot
sur l'avenant 3:
Il y a non 1
texte, mais
2 qui sont
parus au JO
le même jour
et qui
concernent
les
ambulanciers.
Celui de l’arrêté
réf
NOR:
MTST0827436A
qui étend
l’avenant 3
à l’accord
cadre et
l’avenant 1
aux salaires
Et celui du
décret réf
NOR:
MTST0828651D
qui
officialise
les
coefficients
(ils ne
peuvent être
légalement
applicables
qu’après la
parution
d’un
Cependant,
l’article 4
du décret
précise que
la moyenne
ne peut
dépasser 48
heures en
moyenne sur
4 mois (soit
un peu plus
que les 12
semaines
prévues dans
l’avenant
3).
Ce décret a
au moins le
mérite de
préciser
qu’il s’agit
de temps
réel et non
de temps
modulé.
Contrairement
à ce
qu’affirme
le SYNAPS
les 2 textes
sont
applicables
à compter de
ce jour et
non à
compter du 1er
février (cf
article 2 de
l’arrêté et
article 3 du
décret)
Voici les
liens vers
ces 2
textes :
Le DÉCRET
-
L'ARRÊTÉ |
|
Si on considère qu’elles ne le sont pas,
il faudra m’expliquer ce qui va changer en 4 ans, et comment cela va
changer, pour que l’on prévoie dès à présent une diminution des temps
d’inaction.
- La possibilité d’accès direct au cycle
de travail me révolte, cependant tout n’est pas perdu en ce domaine car
les justifications et programmations de cycles ne sont pas près d’être
validées et pour moi on va droit vers un encombrement des prud’hommes.
Mais s’il y a trop d’affaires, cela augmentera les délais et ce au
détriment des salariés lésés.
- L’augmentation du contingent d’heures
supplémentaires va à l’encontre des intérêts des salariés. Je rappelle
qu’une fois le contingent épuisé, l'employeur doit consulter les
représentants du personnel et obtenir l'autorisation de l'inspection du
travail, sauf recours au dispositif des « heures choisies ».
- Je ne comprends pas que la période
retenue pour la nuit (22h à 5h) ne soit pas celle du code du travail
(21h à 6h).
- Comment faire pour prendre la pause de
20 minutes en cours de nuit ? Soit on considère que la permanence est un
travail et alors il faudra interrompre cette permanence pour prendre sa
pause, soit on ne considère que les temps d’activité durant cette
permanence et alors on ne parle plus de pause car il est rare d’avoir
plus de 6h de sorties ininterrompues (on a tous le temps de faire une
pause café dans la nuit). Pour moi pause signifie repos, (d’ailleurs
l’article 11 me conforte dans cette idée) et lorsque j’attends l’appel,
je ne me repose pas, je travaille.
Ce que je voudrais, c’est que comme dans
la majorité des entreprises de France, on considère que chaque heure
passée sur le lieu de travail est une heure de travail, que chaque heure
de travail soit payée, quitte à ce que l’on décompte une pause repas
quotidienne d’une durée maximum de 2h (indemnisation si il y a moins
d’une heure) et surtout que l’on ne parle plus d’amplitude.
Avec de telles journées on pourra enfin
parler d’heures supplémentaires et de primes de paniers avec des
éléments de comparaison dans d’autres métiers.
De même, on pourrait réellement comparer
les salaires car il est facile d’afficher un salaire à 10€ de l’heure et
de n’en réellement payer que 45minutes. A 10€ je suis au dessus du SMIC,
mais une fois pondéré (75%) je vois bien que je suis en dessous avec mes
7,50€.
On pourra également avoir les majorations
prévues par le code du travail en ce qui concerne les rémunérations pour
travail de nuit, de week-end et de jours fériés.
Ensuite, à l’égal de ce qui se pratique
dans d’autres professions, on pourra parler intéressement, 13eme mois,
etc…
Les ETS sont menacés par ce qui, à mon
avis, sonne le glas de la plupart des transports en VSL (ou en taxi).
L’article 64 de la loi 2007-1786 du 19 décembre 2007 propose une
expérimentation, certes, mais si l’expérimentation est concluante, elle
sera étendue.
L’idée n’est pas nouvelle et elle a déjà
fait partie d’une circulaire en 2003 (http://www.mediam.ext.cnamts.fr/ameli/cons/CIRCC/2003/CIR-53-2003.PDF
) si on lit juste le titre du I on comprend tout :
I –
Une convention nationale réécrite dans la perspective d’une future
convention
indépendante de celle du transport sanitaire régissant l’ensemble du
champ du transport assis
professionnalisé
En gros c'est la fin du VSL
et du taxi "médicalisé" (TAP) à court terme car les frais de transport
étant globalisés à l’année, cela signifie que des contrats vont être
pris par des établissements de soins par "appel d'offres". Et pour
répondre à un appel d'offres, il faut avoir une "capacité de
transporteur"...ce que très peu de sociétés de transport sanitaires et
de taxis ont. Par contre les grands groupes de transport de voyageurs
comme Kéolis, Véolia, etc...l’ont eux.
Ces établissements de soins
(dont la liste n'est pas encore parue) seront vraisemblablement les
établissements de dialyse, de polyhandicapés, les Ime...etc...
Ces sociétés de transport
risquent de «casser les prix car elles vont être mises en concurrence au
niveau européen.
Le fait que ce soit des
transports de voyageurs et non plus des transports sanitaires fait que
les règles du transport sanitaire ne les concernent pas (et là on
revient aux règles du TRV et à la LOTI), mais bien sur l’UNCAM y
trouvera son compte puisqu’au final elle fera des économies, même si
c’est au détriment des patients. Au cas où ces derniers ne se
contenteraient pas de ces conditions, ils pourront toujours se payer un
taxi…s’ils en ont les moyens, car il n’y aura pas de prise en charge.
Je suis d’ailleurs étonné que les taxis
qui ont manifesté voici quelque temps, n’aient vu que le rapport Attali qui
propose des axes de réflexion et pas la loi qui vient de sortir…mais
c’est trop tard, elle est promulguée. Et en plus ils ont cessé leur
mouvement, avec le sentiment d’avoir été écouté et compris : ce sont eux
qui n’ont rien compris ils se sont fait avoir !
Alors,
je ne suis pas optimiste à ce sujet, car il est de l’intérêt commun de
nos patrons et de l’UNCAM de « maitriser les dépenses de santé », or la
masse salariale représentant 60% du chiffre d’affaire, c’est bien
évidemment là-dessus que l’on va taper. Indépendamment de l’épée de
Damoclès qui pèse sur les BNS (premiers à être touchés en cas de
licenciement car on manque cruellement de CCA), à cause de cette
possibilité de voir les « prestations de confort » que sont les
transports en TAP (pour les dialyses, etc…) récupérées par des
autocaristes. Néanmoins, j’ai remarqué que les autocaristes en question
recrutent déjà et plus particulièrement prospectent dans le milieu
ambulancier pour notamment conduire des PMR (transports de personnes à
mobilité réduite).
C’est tout le sens de cet avenant 3 et
j’ai bien peur qu’il soit amendé dans certaines dispositions favorables
aux salariés faute de financement, et que les autres dispositions,
favorables au chiffre d’affaire elles, restent.
L’extension n'a étét qu’une
formalité administrative, sauf si les salariés se révoltent….mais
ne rêvons pas cela n’arrivera sans doute jamais.
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