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NOTRE AVIS... Surendettement :
Les usuriers modernes
Le surendettement touche de plus en plus de monde:
voir les
STATISTIQUES
de 1990 a 2006 (banque de France) Les
rapports révèlent également l'importance croissante
que prennent les crédits revolving ou crédits
permanents, en hausse de cinq points sur trois ans.
Les enseignes de la grande distribution sont
devenues virtuoses dans l'art de proposer à leurs
clients des cartes de fidélité qui fonctionnent en
fait comme des cartes de crédit émises par des
organismes financiers spécialisés dans le crédit à
la consommation. Ainsi, derrière les cartes Fnac ou
La Redoute, on trouve Finaref, derrière le BHV,
Cofinoga, derrière les Trois Suisses, Cetelem, etc.
Ces organismes mettent à la disposition du
consommateur une réserve d'argent utilisable,
moyennant intérêt, pour tout achat dans le magasin
qui a émis la carte. De plus, dans bien des cas,
cette carte permet l'obtention d'un crédit que
l'organisme financier encourage à solliciter.
La particularité de ce crédit, c'est qu'il se
renouvelle automatiquement, au fil des
remboursements, dans la limite d'un montant maximal
alloué au client par le prêteur. Une autre
particularité est qu'il s'obtient avec une facilité
déconcertante et qu'on trouve plus de 30 millions de
ces cartes en circulation puisqu'on peut les cumuler
sans problème.
Si l'acheteur est vigilant, il veillera à utiliser
les avantages -souvent très minces (points de
fidélité, bonnes affaires...)- et à réclamer
l'option "paiement au comptant" à chaque passage en
caisse pour éviter la spirale de l'endettement. Mais
s'il l'est moins et surtout s'il a des revenus
extrêmement bas, il s'endettera même pour acheter
des biens de première nécessité.
Les médias montrent souvent du doigt ces acheteurs
inconscients qui, selon eux, s'endettent pour
acquérir des biens inutiles et vivent au-dessus de
leurs moyens. Mais il y a bien plus à dire sur ces
organismes de crédit qui pratiquent des taux
d'intérêt exorbitants, entre 15 et 19% l'an -que les
magasins présentent d'ailleurs souvent sous leur
forme mensuelle, 1,5% par mois, au lieu de 18% par
an, pour mieux piéger le client.
Pendant des siècles, l'usurier prêtant même de
petites sommes, à court terme et à intérêt élevé,
prenant à la gorge son débiteur, paysan, boutiquier,
ouvrier, a été la bête noire de la population et
aussi, parfois, le bouc émissaire des puissants.
Aujourd'hui, les usuriers sont bien souvent de
grosses sociétés qui s'enrichissent, en toute
légalité, de la misère des pauvres
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