Prêts hypothécaires
rechargeables. Notre avis: avantageux surtout pour
les banquiers et les notaires
Le gouvernement a d'annoncé en
décembre 2005 qu'une ordonnance allait rendre
possibles en France les prêts hypothécaires
rechargeables. Ce concept autorise les propriétaires
d'un bien immobilier à solliciter un crédit, son
montant étant indexé sur la valeur du bien
hypothéqué. Et il est "rechargeable" dans la mesure
où les remboursements permettent de reconstituer
progressivement ses capacités d'emprunt, dans la
limite de la valeur inscrite sur l'hypothèque. C'est
en quelque sorte un crédit permanent garanti par un
bien immobilier.
L'idée n'est pas nouvelle puisque de tels prêts
existent en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. En la
transposant en France, le gouvernement prétend
solvabiliser des personnes qui, du fait de revenus
irréguliers ou d'un emploi précaire par exemple,
peuvent difficilement emprunter aujourd'hui auprès
des circuits bancaires. Villepin, qui revendique la
paternité de cette réforme, espère qu'elle
contribuera à la relance de la consommation... de la
part de ceux qui ont au moins un appartement ou une
maison à donner en gage à leur banquier.
L'inconvénient majeur d'un tel dispositif est que
si, pour une raison ou pour une autre, du fait d'une
séparation conjugale ou d'une perte d'emploi par
exemple, l'emprunteur ne parvient plus à honorer ses
échéances de remboursement, il risque de perdre
également son logement.../...La
banque pourra en effet mettre le bien en vente pour se rembourser. De
nombreux acheteurs d'un logement en ont déjà fait l'amère expérience
avec les prêts hypothécaires classiques.
Autre inconvénient, le nouveau prêt risque d'inciter des personnes peu
solvables à se surendetter, comme elles y sont déjà incitées par toutes
les propositions des établissements spécialisés dans le crédit à la
consommation. Enfin, les banques voulant se protéger au maximum seront
tentées, à chaque nouvelle demande de prêt, d'obliger l'emprunteur à
repasser devant le notaire pour recalculer la valeur hypothécaire du
logement, avec tous les frais que cela implique.
En revanche, ces prêts ouvrent donc certainement de nouvelles
perspectives pour l'enrichissement des notaires... et surtout des
banques. Celles-ci ne manqueront pas de faire payer au prix fort les
nouveaux prêts qu'elles accorderont, pour une facilité de paiement
temporaire. Les bénéficiaires de prêts devront payer des traites salées,
parfois à vie... quand ils ne se retrouveront pas spoliés de leurs
petits biens à la suite d'un revers de leur situation.
Le cadeau de Villepin
à été ainsi d'abord pour les banques, qui pourront
prélever une dîme supplémentaire sur la population.