EXPULSION : PREVENTION ET PROCEDURE PREALABLE
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SOURCE: LEGIFRANCE: Code de la construction et de l'habitation
Articles à consulter : L613-1 à L613-5

AVERTISSEMENT: Ce dossier est faits pour vous aider à comprendre les dispositifs sociaux et trouver les bons correspondants . Il n'a aucune valeur juridique. Les textes évolus . Veuillez vous renseigner auprès des autorités compétentes pour toute demande officielle ou réclamation

Chapitre 1

Etapes de l'expulsion locative, dans le cas général

Ce premier chapitre présente d'une façon générale les différentes étapes menant de la dette locative à l'expulsion du domicile
Un second chapitre, à la suite, présente les différentes étapes de façon approfondie, afin d'aider les personnes à intervenir au mieux , les dossiers et la procédure étant souvent complexes

Commandement de payer          
QUE FAIRE ?   C'est la première alerte. Il faut y réagir, sinon la suite des évènements se retournera toujours contre le locataire. Le locataire doit se mobiliser et rechercher des solutions pour résorber sa dette : négociation d'un échéancier auprès de son propriétaire, aller voir les services sociaux pour faire une demande de FSL (Fonds de Solidarité Logement). Il peut aussi se rendre à une permanence de l'antenne de prévention des expulsions locatives si elle existe
Le locataire a 2 mois de délai.

Assignation devant le Tribunal d'Instance
QUE FAIRE ? Lorsque le commandement de payer a été infructueux, au bout d'un délai de 2 mois, le locataire est convoqué (assigné) au Tribunal d'Instance.

- Il est important de contacter un travailleur social pour étudier les demandes d'aide, donner les éléments d'information éclairant les raisons de sa dette. Celui ci peut les transmettre au juge afin d'éclairer son jugement.
- L’assignation est suivie d’une lettre du préfet, informé obligatoirement par l’huissier au moins 2 mois avant la date d’audience.
- Celui-ci invite le locataire à prendre un contact avec un travailleur social et à se présenter au tribunal le jour de l'audience.
- Le bureau de l’habitat à la préfecture recueille ces éléments sociaux sur une fiche de liaison qui sera transmise au juge.
- Il peut encore se rendre à une permanence de l'antenne de prévention des expulsions locatives si elle existe

Audience au tribunal
QUE FAIRE ?  - Le jour de l'audience au tribunal, il est important que le locataire soit présent pour éclairer sa situation et faire valoir ses arguments .
- Le juge peut accorder des délais de paiement, jusqu'à 24 mois, et suspendre la résiliation du bail, en établissant un échéancier de remboursement. Cela suspend la procédure d'expulsion.
Il faut respecter scrupuleusement cet échéancier, car tout défaut de versement fait que la procédure d'expulsion reprend.

Commandement de libérer les lieux
QUE FAIRE ? Si la dette n'est pas résorbée, l'échéancier non suivi, ...il y a reprise de la procédure d'expulsion qui fait que le locataire reçoit un commandement de quitter les lieux par un huissier.
Le locataire a 2 mois pour quitter son logement
- Lorsque le juge a constate la résiliation du bail et autorisé l'expulsion, il est toujours possible de demander
des DÉLAIS pour quitter les lieux (de 3 mois à 3 ans) au juge de l'exécution (le JEX) du Tribunal de Grande Instance (TGI).
- Il est toujours temps de contacter des services sociaux, ou l'antenne de prévention des expulsions locatives si elle exoste si ce n'est déjà fait.
 

Trêve hivernale

Aucune expulsion ne peut intervenir pendant la période dite de "trêve hivernale" allant du 1er novembre au 15 mars , à moins que l'expulsion ne soit engagée à l'encontre :

* d'un squatter,
* ou d'un locataire qui loue un logement dans un immeuble ayant fait l'objet d'un arrêté de péril.

L'expulsion reste également possible dans le cas où le relogement des expulsés peut être assuré dans des conditions respectant les besoins de la famille (nombre de pièces par rapport au nombre d'occupants).
L'expulsion
L’huissier se rend à domicile pour réaliser l’expulsion : l’expulsion est engagée.

Il peut se présenter au logement les jours ouvrables (du lundi au vendredi inclus) entre 6 heures et 21 heures.

Plusieurs cas de figures peuvent se présenter :

>> le locataire est présent le jour de l'expulsion et n'émet aucune protestation : l'huissier dresse un procès-verbal dans lequel il procède à l'inventaire des meubles et indique les lieux où ils sont déposés et récupère les clés du logement


>> le locataire est présent le jour de l'expulsion et refuse d'ouvrir la porte : l'huissier dresse un procès-verbal de tentative d'expulsion qui relate son échec et fait appel à une autorité de police

>> le locataire est absent le jour de l'expulsion : l'huissier ne peut pénétrer dans le logement que s'il est accompagné d'une autorité de police et d'un serrurier. L'huissier dresse ensuite un procès-verbal d'expulsion, fait enlever les meubles et changer la serrure. Il informe le locataire par une affiche placardée sur la porte par laquelle il lui signifie qu'il ne peut plus pénétrer dans le logement

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Chapitre 2

Etapes de l'expulsion locative, avec différents cas de figure

Ce chapitre évoque les différentes étapes qui vont se succéder, menant d'une dette locative à l'expulsion.
A chaque étape, il est suggéré les actions possibles pour éviter d'aller jusqu'à l'expulsion

Le principe général est :

- qu'il est important de réagir vite alors que la dette n’est pas encore très importante car le défaut d’action se retourne toujours contre le locataire.

- qu'à chaque étape une action peut encore être tentée pour remédier à la dette, en s'adressant à l'antenne de prévention des expulsions locatives, à des travailleurs sociaux,... afin d'éviter l'expulsion et que le Fonds de Solidarité Logement peut intervenir à tout instant de la procédure, de la phase précontentieuse à l'assignation et jusqu'à l'octroi du concours de la force publique.

Attention : le bailleur ne peut en aucun cas prendre l'initiative de pénétrer dans le logement avant l'intervention d'un huissier, faire changer la serrure et toucher aux meubles, sous peine de poursuites à son encontre pour violation de domicile.

et sachez que... la trêve hivernale n'empêche pas le bailleur d'engager un recours devant le tribunal d'instance visant à ouvrir une procédure d'expulsion.

Retard de paiement de loyer. Il peut y avoir :

- réception d’une lettre du bailleur
-  arrêt de la remise des quittances
-  signalement par le bailleur à la CAF qui peut suspendre le paiement des allocations logement

QUE FAIRE ?
- S’informer des aides financières potentielles auprès des services sociaux qui étudieront notamment les possibilités de mobilisation du Fonds de Solidarité Logement (FSL).
- Négocier un échéancier de règlement auprès de son bailleur.
- Faire le compte de la dette réelle et le cas échéant contester la somme, sur papier libre.

OBSERVATIONS:
- La décision de suspension du paiement des AL par la CAF à la suite du signalement du bailleur s’appuie sur une réglementation interne CAF.
- Quand le bailleur dénonce une dette à la CAF, celle ci demande au locataire de se mettre en contact avec son bailleur afin d'établir un "plan CAF", échéaCas particulier des locataires en HLM

Cas particulier des locataires en HLM
Le locataire d'un logement HLM dispose encore de la possibilité de se maintenir dans les lieux après la décision du juge prononçant la résiliation de son bail. En effet, celui-ci peut, sous réserve de respecter un protocole d'accord signé avec l'organisme HLM, se voir rétablir dans ses droits par la signature d'un nouveau bail dans un délai n'excédant pas 3 mois. Pour ce faire, le locataire doit s'engager à payer de manière régulière une indemnité d'occupation fixée par le juge et à respecter un plan d'apurement de sa dette locative (échelonnement de sa dette).

Par contre, si ces engagements ne sont pas respectés, l'organisme HLM retrouve l'entière liberté de faire exécuter la décision de justice ayant prononcé la résiliation du bail et l'expulsion du locataire.

~~~~~~~~~~~~~~   ADITIFS  ~~~~~~~~~~~~~~~

Source des aditifs:: Document officiel interne liés aux expulsions, destiné au travailleurs sociaux

l'Assistance du locataire par un avocat devant le tribunal est obligatoire:

L’assistance des locataires devant le tribunal d’instance relève de la compétence exclusive des avocats, à l’exclusion de tout autre intervenant. En effet, les avocats disposent d’un monopole s’agissant de la représentation des parties devant le tribunal et sont seuls habilités à accomplir certains actes de procédure.

Il est nécessaire de rappeler que la présence du locataire devant le juge reste déterminante, qu’il soit assisté par un avocat ou non.

Lorsqu’une association spécialisée intervient en amont pour informer les locataires assignés sur leurs droits, il est néanmoins essentiel de prévoir une articulation avec le barreau pour permettre l’accompagnement des intéressés au-delà de la phase précontentieuse.

La présence de l’avocat à l’audience suppose, au préalable, s’agissant de locataire ayant, le plus souvent, des revenus modestes, l’accès à l’aide juridictionnelle.
Compte tenu des délais nécessaires à l’instruction des demandes, le travailleur social doit, dès qu’il est saisi de la situation, vérifier que le locataire remplit les conditions ouvrant droit à l’aide juridictionnelle.

Ces conditions sont essentiellement d’ordre financier..
La Circulaire fixant le montant des plafonds de ressources, des correctifs pour charges familiales et des tranches de ressources pris en compte pour l'admission à l'aide juridictionnelle en 2011 sortie le 31 décembre 2010 :
- AJ totale 929 € pour 2011 (par comparaison, 915 € pour 2010, 911 € pour 2009)
- AJ partielle 1393 € pour 2011 (par comparaison, 1372 € pour 2010, 1367 € pour 2009) soit + 1,5 %.
Ces plafonds sont majorés de correctifs familiaux.

Il convient, cependant, de rappeler que s’agissant d’une procédure dont l’enjeu est le maintien dans le logement, l’article 6 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique peut être invoqué. Cet article permet, à titre exceptionnel, aux personnes ne remplissant pas les conditions de ressources de bénéficier néanmoins de l’aide juridictionnelle:
« lorsque leur situation apparaît comme particulièrement digne d’intérêt au regard de l’objet du litige ».

Les imprimés de demande d’aide juridictionnelle peuvent être retirés au tribunal, en mairie ou en Maison de Justice et du Droit. Ils doivent être adressés, accompagnés des pièces
justificatives, au bureau d’aide juridictionnelle du tribunal de grande instance dont dépend le domicile du locataire.
Cependant, les délais d’instruction des demandes d’aide juridictionnelle sont souvent trop longs comparativement aux délais qui encadrent la procédure d’expulsion.
C’est pourquoi, certains bureaux d’aide juridictionnelle ont aménagé une procédure de traitement en urgence de la demande afin que cette aide puisse être mobilisée à bref délai et que l’avocat ait suffisamment de temps pour préparer la défense.

Ce type de procédure d’urgence peut être mis en place, à l’initiative du CDAD [1], au moyen d’une convention avec le Barreau. Cette convention peut prévoir, par ailleurs, la possibilité de désigner un avocat parmi une liste de volontaires, ayant tous suivi une formation spécifique. Compte tenu de la complexité de la procédure, il est souhaitable que les avocats désignés soient préalablement informés, notamment sur les aspects sociaux de celle-ci (conditions d’obtention des aides financières, compétence des différents professionnels du secteur social, cadre de réalisation de l’enquête sociale…).

 [1] CDAD: Conseils départementaux de l'accès au droit

 

Il convient de noter que la situation du locataire est différente selon qu’il est logé dans le parc public ou dans le parc privé.

Dans le parc public (HLM)
Dans le parc public, le bailleur social a l’obligation avant d’engager une procédure d’expulsion de saisir la CDAPL ou l’organisme payeur de l’aide personnelle au logement au moins trois mois avant l’assignation.
En principe, dès que le loyer n’est plus réglé par le locataire, l’aide au logement ne doit plus être versée. Or, dans ce cas, seule la CDAPL est compétente pour prononcer le maintien de l’aide dans certaines conditions... Afin d'éviter l'engagement de la procédure d'expulsion, la période durant laquelle l'APL
est maintenue doit être mise à profit pour rechercher une solution à la situation de l'impayé, adaptée aux capacités financières du locataire.

Dans le parc privé
Dans le parc privé, seuls les bailleurs percevant l’aide personnelle au logement en tiers payant ont l’obligation de saisir l’organisme payeur de l’aide, en cas d’impayé, sans avoir pour autant, l’obligation de respecter un délai avant l’assignation. La saisine de la CDAPL [2] peut donc se faire au même moment que l’assignation.
En cas de suspension pour impayé de loyers du versement de l’aide, un contact doit être
pris avec la CAF compétente pour vérifier les raisons de cette suspension.
Si celle-ci est due à l’existence d’un impayé locatif, il y a lieu d’engager, au plus vite, comme dans le parc public, des négociations avec le bailleur pour l’établissement d’un plan d’apurement permettant ainsi le rétablissement de l’aide.

L’intervention du travailleur social se révèle ici d’autant plus déterminante que les bailleurs
privés sont souvent démunis pour traiter ce type de difficultés dans la mesure ou, bien
souvent, ils connaissent assez mal les dispositifs auxquels ils peuvent faire appel.

D’une manière générale, les bilans montrent que l’appui du travailleur social est bien souvent
nécessaire pour que le locataire honore ses engagements permettant ainsi au plan
d’apurement d’aboutir. Il est donc indispensable que le travailleur social soit informé, par
le locataire de la difficulté de ce dernier à mettre en place un plan d’apurement dès les premiers impayés et, en dernier ressort, au moment de l’enquête sociale, avant l’audience.

[2] CDAPL: Commission départementale d'aide publique au logement (CDAPL)

 
Articulation entre le fonds de solidarité pour le logement (FSL) et les procédures de surendettement et de rétablissement
personnel


Le FSL
Si le locataire peut saisir de sa propre initiative le FSL pour une demande d’aide financière, la pratique montre que l’intervention d’un travailleur social est toujours bénéfique, car ce dernier facilite la constitution du dossier et accélère la procédure d’instruction.

DNLR Remarque du groupe GARS: Les service sociaux la présente quasi toujours  comme obligatoire sans aucun argument !

Dans la plupart des cas, en effet, un rapport établi par un travailleur social est demandé
par la commission d’attribution du FSL.
En outre, si tout locataire en difficulté a le droit de déposer une demande d’aide, cela ne
signifie pas, pour autant, que cette aide va lui être accordée automatiquement. En effet,
les décisions d’aide sont prises, au cas par cas, sur examen de dossiers par une commission d’attribution.

Le FSL peut assortir l’octroi de son aide à l’engagement du locataire à reprendre le paiement des loyers courants.
Le FSL peut refuser une aide au maintien si le montant du loyer apparaît manifestement
trop important par rapport aux capacités financières du locataire. Ceci étant, dans une
telle situation où une solution de relogement doit être recherchée, le FSL peut, néanmoins,
intervenir en accordant une aide pour apurer la dette au titre de l’ancien logement
permettant ainsi de faciliter l’accès à un nouveau logement.

Pour que le dispositif de prévention des expulsions soit réellement efficace, le FSL doit
statuer avant la date de l’audience, afin de permettre au juge de rendre sa décision en
toute connaissance de cause. S’il s’avère que la commission du FSL n’a pas encore statué
sur la demande d’aide avant la date de l’audience, il est souhaitable de demander le
report de cette dernière. Une telle demande peut être introduite auprès du juge par l’avocat du locataire ou, à défaut, par le locataire présent à l’audience.


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