La PROCÉDURE de SURENDETTEMENT   2/3
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A ce stade, une question: La situation est elle irrémédiablement compromise ?

Lorsque la situation n'est pas irrémédiablement compromise:

Il y a mise en route de la procédure classique de traitement du surendettement

Lorsque la situation est jugée irrémédiablement compromise et que la personne est de bonne foi,
il y a renvoi devant le juge d'exécution pour ouvrir une procédure de rétablissement personnel


Procédure classique : les étapes :

La suspension des procédures d'exécution
Il peut être mis en place une "suspension des procédures d'exécution" : Il s'agit de suspendre les actions qui devaient être engagées suite aux différentes dettes, afin d'éviter d'aggraver la situation pendant ce temps.

Il est possible en cas d'urgence de faire cette demande directement auprès du juge de l'exécution, et d'en avertir ensuite la commission de surendettement
Mais attention :

 s'il s'agit de saisie immobilière, le juge compétent est le juge des saisies
 les créances alimentaires ne peuvent pas être concernées par cette suspension
 la suspension ne peut pas être demandée pour de simples "mises en demeure" ou "commandements" de payer
 enfin, la suspension est limitée dans le temps : elle dure jusqu'à l'approbation du plan de redressement et ne peut dépasser un an

Un plan de redressement peut être proposé

La commission va établir un plan de redressement
Il est élaboré en accord avec les créanciers, le débiteur et tient compte des charges, des ressources, des biens
Il peut proposer différentes solutions, pour aider le débiteur :
  un report du paiement des dettes
  un étalement des dettes (jusqu'à 8 ans)
  l’octroi d’une remise de dettes
  la réduction ou la suppression de taux d’intérêt
  la recherche de nouvelles garanties
 .... et aussi
la vente de certains biens jugés non indispensables,
la résiliation de produits d’épargne


Désormais les dettes fiscales, parafiscales et envers les organismes de sécurité sociale ou la CAF (retenues sur prestations) n'échapperont plus aux mesures de rééchelonnement ou de report de paiement recommandées par la commission : leur régime est aligné sur celui des autres dettes.

En contre partie, Il faut s’engager à ne pas contracter de nouveaux emprunts, et un effort est demandé au débiteur : utilisation de son épargne, vente de biens (voiture,..) à l'exclusion de sa résidence principale.

Le plan de redressement élaboré, il est soumis au demandeur et aux créanciers pour approbation. Il doit être signé par toutes les parties. Il est désormais limité à 10 ans, révision ou renouvellement compris, le cas échéant.

Lorsque le plan de redressement est accepté,
il doit être respecté : s'il ne l'est pas, un créancier peut mettre en demeure de l'exécuter par lettre RAR. Passé un délai de 15 jours après cette lettre, le plan peut devenir caduc. Il n'est plus possible de déposer une nouvelle demande devant la commission pour les mêmes problèmes.
Le plan peut être accompagné de mesures de suivi qui doivent faciliter sa réalisation, notamment proposer une assistance par une association, une CESF, ..

Ressources laissées au débiteur : le « reste à vivre »
Le plan de redressement définit le « reste à vivre », c’est à dire la somme qui va rester au demandeur pour faire face aux dépenses de la vie courante lorsque seront mis en place les mesures décidées.
Désormais ce "reste à vivre" sera fixé par la commission après avis d'un conseiller en économie sociale et familiale.
Ce « reste à vivre », définit par la loi de lutte contre les exclusions du 29 juillet 1998, est au moins égal au RMI (majoré de 50% pour un ménage). Le calcul qui va être réalisé s’appuie sur un barème national, le «
BAREME de saisie des rémunérations », actualisé une fois par an. (barèmes des sommes qui doivent rester à la personne en cas de saisie sur son salaire des mensualités de remboursement d’une dette).


Si le plan de redressement est refusé,
par le débiteur, ou par l'un des créanciers : on constate un "défaut de conciliation" et le plan de redressement ne s'applique pas .
Cette réponse est notifiée par lettre en RAR et il est possible dans un délai de 15 jours de saisir la commission pour lui demander d'élaborer des "recommandations" .

Plan refusé : phase judiciaire : les "recommandations" ordinaires pour un nouveau plan d'apurement élaborées par la Commission
Dans un délai de 2 mois, la commission élabore ces recommandations qui reprennent des éléments du plan de redressement, ou le modifient en fonction des observations faites.
Ces recommandations peuvent être :
reporter ou rééchelonner le paiement des dettes
prescrire un intérêt à taux réduit sur les sommes correspondant aux échéances reportées ou rééchelonnées
....

La commission transmet ensuite ses recommandations au juge de l'exécution du TGI.
Si ces recommandations sont acceptées par le débiteur, elles sont rendues exécutoires (elles s'imposent et doivent être exécutées) : les recommandations sont "homologuées" .
Mais ces recommandation peuvent dans un premier temps être refusées par le débiteur.

En cas de refus de ces recommandations :
il faut le signifier par écrit au greffe du juge de l'exécution.
Il y aura audience de contestation, avec possibilité de se défendre soi-même ou de se faire représenter par un avocat.

Ensuite, il y aura jugement, et ce jugement sera exécutoire (néanmoins il est possible de faire un recours devant la cour d'appel).

La durée maximale des mesures recommandées prises par la commission à la demande du débiteur est de 10 ans (sauf lorsque cela concerne le remboursement de prêts immobiliers constituant la résidence principale).

A l'issue de cette phase de recommandation, le nouveau plan mis en place s'imposera donc au débiteur et aux créanciers.

Un plan de redressement ne peut être proposé :

Les recommandations "extraordinaires " :
le moratoire et l'effacement des dettes partielles

Quand un plan de redressement ne peut être proposé au débiteur en raison de son insolvabilité, ou de son absence de biens saisissables, la commission peut ordonner la mise en place d'un moratoire, c'est à dire d'une suspension de paiement.

Précarité : Interdire les coupures en hiver

La députée PCF de Seine-Saint-Denis, Marie-George Buffet, veut instaurer une trêve hivernale des coupures d’électricité et de gaz. Elle a déposé une proposition de loi en ce sens à l’Assemblée nationale.

Marie-George Buffet est partie en guerre contre les coupures d’électricité et de gaz. Avec ses collègues communistes du groupe de la Gauche démocratique et républicaine, Jean-Claude Sandrier, Pierre Gosnat et Roland Muzeau, la députée PCF de Seine-Saint-Denis a déposé, en décembrev 2010, à l’Assemblée nationale, une proposition de loi visant à «interdire les coupures d’électricité, de chaleur et de gaz entre le 1er novembre de chaque année et le 15 mars de l’année suivante ».

« Il faut en finir avec les atermoiements. À chaque hiver, certains font mine de redécouvrir que des millions de familles sont plongées dans une grande détresse parce qu’on leur coupe l’électricité ou le gaz. Les larmes de crocodile sèchent dès que la vague de froid est passée et le règlement de la situation est systématiquement renvoyé aux calendes grecques », s’insurge l’élue, qui prône « l’instauration d’une trêve hivernale des coupures comme il en existe une pour les expulsions locatives ». Elle rappelle l’essor que connaît la précarité énergétique avec « entre 3 et 4 millions de familles concernées et plus de 100 000 coupures de gaz ou d’électricité ».

Dans le même esprit, Marie-George Buffet a écrit aux PDG de GDF Suez et d’EDF, Gérard Mestrallet et Henri Proglio, pour leur demander d’instaurer « un moratoire » sur les coupures au sein des deux groupes qu’ils dirigent. « L’État reste le premier actionnaire de GDF Suez et demeure majoritaire dans le capital d’EDF. Ces deux grandes entreprises doivent continuer à jouer leur rôle de service public en garantissant à chacun l’accès à l’électricité et au gaz. Ce droit indispensable à la vie doit être reconnu et passer avant le chiffre d’affaires et les bénéfices des actionnaires », exige la parlementaire communiste, qui tient également à « saluer l’engagement des agents des deux entreprises qui, avec la CGT, refusent de couper l’électricité ou le gaz à des familles démunies ».

La proposition de loi de la députée du Blanc-Mesnil a également pour but de provoquer un débat politique beaucoup plus large. « Les dispositifs actuels censés protéger les familles des coupures sont insatisfaisants », constate-t-elle, en citant en exemple le système de tarification sociale de l’électricité qu’elle juge « trop restrictif ». « Pour avoir accès à cette tarification, il faut gagner moins de 600 euros par mois », explique-t-elle. Marie-George Buffet s’inquiète également des conséquences de la libéralisation du secteur de l’électricité et du gaz. « La loi Nome que le gouvernement a fait voter en catimini va provoquer une flambée du prix de l’électricité et va, par là même, entraîner de nombreuses familles dans les difficultés. » 

Le moratoire est prononcé pour une situation jugée non irrémédiable
Pour différencier cette situation d'insolvabilité "temporaire" de la situation "irrémédiablement compromise" ouvrant droit à la mesure de rétablissement personnel, la commission doit retenir pour le moratoire une situation ne "présentant pas un caractère irrémédiable".

La durée maximale de ce moratoire est de 2 ans maintenant, mais attention, il ne peut pas porter sur les créances alimentaires, ainsi que sur les dommages-intérêts et amendes prononcés dans le cadre d'une condamnation pénale. (amendes etc..)  Par contre, la commission peut recommander la suspension de l'exigibilité des créances de nature fiscale, et recommander l'effacement partiel des dettes fiscales, au même titre que les autres dettes, si le débiteur est toujours insolvable à l'issue du moratoire.

A l'issue du moratoire:
soit la situation de la personne s'est améliorée et la commission propose un plan de redressement
soit la situation ne s'est pas améliorée, et la commission peut recommander l'effacement d'une partie seulement des dettes (pour le différencier de la procédure de rétablissement personnel)
La mesure d'effacement fait l'objet d'un fichage pendant une durée de 10 ans dans le FCIP. Il ne peut y avoir d'autres effacements pour des dettes similaires durant cette période.

 Voyions maintenant la procédure de rétablissement personnel...
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